Le ministre a fait connaître récemment une partie de sa réforme (Téléchargement sur le site du
ministère en cliquant ici) . Comme d'habitude , un vocabulaire très communicatif , des "slogans" qui ne peuvent qu'emporter l'adhésion de tous :
1-l'orientation scolaire :
* Une orientation plus progressive
* Une orientation plus ouverte
* Une orientation plus juste
Qui peut être défavorable à de telles perspectives ? personne !
2-L'accompagnement , ou l'aide individualisée :
* Un accompagnement personnalisé
* Plus d'initiatives et de responsabilités
Qui peut y être opposé ? personne !
3-Langues étrangères, culture
* Un lycée qui favorise l'apprentissage des langues étrangères
* Un lycée qui favorise l'accès à la culture
* Un lycée qui favorise la responsabilisation des lycéens
Très bien . Comment y être défavorable ?
Des mots , des mots ........la chanson est bien connue ! Mais globalement , la réforme se traduit par une réduction des horaires des disciplines , même de langues, alors qu'au ministère on
annonce une revalorisation de l'enseignement des langues.
La réforme prendra effet en classe de seconde dès la rentrée 2010 . Les deux grandes nouveautés :
-un accompagnement personnalisé à raison de deux heures hebdomadaires
-un enseignement d'exploration , une heure trente par semaine.
Que penser de l'accompagnement personnalisé ? une sorte de fourre-tout , dans lequel on mettra de l'aide individualisée , du tutorat et de l'aide à l'orientation . Dans quelles conditions sera
t-il pratiqué ? Cela reste vague pour le moment.
Notons que la réduction des horaires par discipline nécessite une redéfinition des programmes . Ceux-ci seront-ils clairement énoncés pour la classe de seconde à la rentrée
2010 ?
Il n'est pas précisé , dans le texte de la réforme , que 16000 postes devraient être supprimés à l'Education Nationale à la rentrée prochaine . Sur le terrain, qu'est-ce que cela signifie dans la
mesure où l'effectif d'élèves sera pratiquement le même à la rentrée 2010 qu' à la rentrée 2009 ? La réponse est évidente : les effectifs des classes ne peuvent qu'augmenter (35 à 38 élèves par
classe ?) A part cela , au ministère , on feint de se soucier de la réussite des élèves , des plus faibles notamment (on va tout faire pour les aider !).
Chaque fois qu'une réforme est avancée , on retrouve le refrain "une école plus juste , une école plus égalitaire ...." . Qu'en est-il exactement au travers de toutes les réformes qui ont été
engagées ? Dans les faits , nous avons une école qui devient de plus en plus inégalitaire...
Franchement , soyons sérieux , faut-il croire à tous ces voeux , ces volontés affichés par notre ministre ? On dira , que les enseignants sont systématiquement opposés à toute réforme ! Comment
ne pas l'être quand, en haut lieu , le souci majeur de nos gouvernants est de faire des économies budgétaires.
Quand je lis la fiche de synthèse de la commission
nationale éducation du Mouvement Démocrate et les quelques commentaires , je ne peux pas ne pas m'interroger sur ce que seront les positions du Mouvement Démocrate si on vient à s'en inspirer
au cas où François Bayrou serait élu président de la République en 2012 .
Je crois rêver , et parfois j'en viens à penser que Claude Allègre , Xavier Darcos , Luc Chatel .........devraient bien avoir leur place dans l'équipe de gouvernance !
1-Des mesures phares : c'est bien dans le style des ministres qui viennent de défiler les uns après les autres . Il faut innover , sinon , on passe pour quelqu'un de rétrograde . Un ministre qui
n'accouche pas de sa réforme est certainement un mauvais ministre ! Blabla ........bla........bla.......
Je prends quelques exemples :
*"Engager une réforme majeure du collège en passant du collège unique au collège pour chacun " :Qu'on en finisse avec le collège unique serait une bonne chose , mais j'aimerais qu'on
m'explique ce que l'on entend par "collège pour chacun" . S'agit-il encore de placer , comme le fait Philippe Meirieu (dont Claude Allègre est un grand disciple) , l'élève au
centre du système éducatif ?
*"ouverture des écoles de 17h à 23 h" : une ineptie . Comment sera t-il possible dans ces conditions d'accueillir les élèves le lendemain dans des locaux propres (ménage) , comment pallier des
dégradations inévitables ?
Attention aux mesures phares qui vont dans le sens du vent et qui ressemblent à de "la poudre aux yeux" !
Etrange quand même ce schéma de pensée qui pourrait laisser croire que notre système actuel est "nul" et que seules des "mesures phares" permettraient de remédier aux difficultés existantes !
2-J'ai pris la peine de lire quelques contributions : certaines me peinent et me laissent sur ma faim ........."j'ai une idée , alors <<balançons là>> , après tout cela ne fera qu'un
bout de scotch supplémentaire.....Ne serait-il pas préférable parfois de se taire plutôt que d'écrire n'importe quoi ? Dommage que les différents contributeurs ne précisent pas leur profession ,
car souvent ,s'expriment -ils en connaissance de cause , connaissent-ils vraiment le terrain ? Il est vrai que des enseignants peuvent parfois apparaître quelque peu farfelus , mais je doute que
certaines propositions émanent d'enseignants., elles reflètent une telle méconnaissance de l'état des lieux du système éducatif !
Je me permets de préciser que ,pour ce qui me concerne , je suis professeur agrégé de physique-chimie et j'ai derrière moi une trentaine d'années d'expérience .
Surprenante la contribution de Cédric Oster qui semble croire que les enseignants sont des bons à rien qui n'auraient aucune formation . Comment oser suggérer que le niveau de
connaissance des enseignants passe au second plan . Il faut d'abord <<être passionné>> écrit-il .
Savez-vous, cher monsieur , qu'il y a une dizaine d'années 15% des enseignants souhaitaient pouvoir changer de métier , alors qu'aujourd'hui ils sont plus de 60 % . Haro sur
les profs.....à force ça finit par faire mal et ça ne motive pas tellement........vous-même écrivez que vous êtes "dégouté"........!
Dommage que ce monsieur ne soit pas recteur , car il ferait le grand ménage en renvoyant tous les enseignants qui ne conviennent pas.........! C'est votre droit, cher collègue, de penser qu'il
faut vous ressembler pour être un bon enseignant (super motivé) , mais peut-être aussi est-ce une qualité que de savoir rester modeste.
Je suis par contre tout à fait d'accord avec vous lorsque vous écrivez "le collège unique est vieux et dépassé" . Je serais par contre curieux de savoir dans quel sens il est démagogique .
3-Ceci pour dire qu'en vingt ans j'ai travaillé avec des collègues qui souvent exercent leur profession avec beaucoup de sérieux , avec le souci d'aider
leurs élèves à réussir. Il est vrai , malgré tout, que certains sont soucieux de se "montrer" , espérant ainsi progresser plus rapidement dans leur carrière .
Cela me dérange que les enseignants , dans notre pays , soient souvent mal considérés .Certains iront jusqu'à penser que tout le monde peut être enseignant, d'où cette idée de
leur apprendre à faire leur métier. Apprend t-on à un ingénieur à faire son métier ?
Qu'est-ce qu'enseigner ? Ne fait-on pas trop souvent la confusion entre enseigner et éduquer ? Un enseignant doit-il aussi être un psychologue , un psychiatre ? Certains élèves
s'avèrent être en grande difficulté , présentant des problèmes psychologiques flagrants , cas de plus en plus fréquents . Ces élèves doivent-ils rester sur la "touche" ? Non certainement pas
!mais ne faut-il pas reconnaître que ces élèves devraient être aidés par des spécialistes qui les "remettent sur les rails" , car là n'est pas le rôle de l'enseignant . L'enseignant est d'abord
là pour transmettre des connaissances et les établissement scolaires doivent avant tout être des lieux de transmission de connaissances . L'élève "au centre du système éducatif" est une
aberration, vouloir transformer les établissements en centres de vacances (enseignement ludique .....) l'est tout autant.
Une des priorités de notre enseignement est de redonner aux élèves ce que notre société du zapping ne leur offre pas : le sens de l'effort . Les enseignants ont besoin d'être
soutenus dans leur métier , ce qui n'est pas toujours le cas actuellement dans un contexte souvent démagogique . Voilà ce qui doit être l'une des priorités de notre système
éducatif .
Avec les sciences de l'Education on a cru que l'enseignement allait pouvoir se mettre en équation , que cette "science" allait apporter les bonnes réponses sur la manière d'enseigner. Nous en
faisons les frais aujourd'hui avec le règne des "pédagogistes".
Ne faudrait-il pas reconnaître que les IUFM (Instituts de Formation des Maîtres ) ont été beaucoup trop influencés par cette pseudo-science ? Mon Dieu , j'ai rencontré de jeunes stagiaires bien
formatés!
4-Si nous voulons au Mouvement Démocrate aborder la question de l'enseignement de façon efficace , il nous faut d'abord procéder à un état des lieux . Dans la présentation de la réforme des
lycées, Nicolas Sarkozy a commencé par justifier la réforme en déplorant que l'idéal républicain soit contredit par l'inadéquation de l'école aux réalités sociales et économiques actuelles . La
réforme du lycée apparaît comme une nécessité , car le lycée actuel ne répondrait plus notamment au principe de justice (égalité des chances) . Le lycée d'aujourd'hui est incapable de faire face
à la "massification" et à la "diversité" du public qu'il doit accueillir.
Cette appréciation peut paraître réaliste , mais encore eut-il été bon de préciser que toutes les réformes qui ont précédé ont toujours eu pour objectif affiché de rendre l'école plus juste, mais
elles ont produit l'effet inverse .
Ce serait désolant qu'au Mouvement Démocrate , sous couvert de "mesures phares" , on se laisse entraîner dans les mêmes travers .
Dans notre système éducatif, tout n'est certainement pas à mettre à la poubelle. Beaucoup de jeunes sont satisfaits de l'enseignement qu'ils y reçoivent. Sachons améliorer, mais de grâce
n'oublions pas qu'efficacité rime avec simplicité :avec la multiplicité des options et les diverses contraintes de toutes sortes ,nos établissements scolaires deviennent parfois de véritables
usines à gaz. Evitons d'en rajouter , même si au départ , cela peut partir d'une bonne intention.
On ne peut pas dire que le ministre de l'Education Nationale ait le sens du dialogue. Viennent de paraître au B.O.E.N les décrets régissant la voie professionnelle et ses diplômes .Il faut savoir
que ceux-ci ont été rejetés par le Conseil Supérieur de l'Education .
Par ailleurs , le ministre a demandé dans une note adressée aux recteurs d'académies de trouver une centaine d'établissements pour expérimenter la réforme du lycée . Rappelons que cette réforme
vient d'être rejetée par la FIDL (Fédération Indépendante et Démodratique Lycéenne) , la FCPE (Fédération de parents d'élèves) et les syndicats
enseignants .
Le "Grenelle" du 18 février sera t-il aussi un simulacre de démocratie ?
Le soutien scolaire a bonne presse . Il est pratiqué en collège , à l'école primaire .Il est pratiqué occasionnellement , parfois bénévolement , par certains enseignants . Un soutien scolaire officialisé : cela faisait partie des innovations de la réforme Darcos sur le lycée
.
L'école : "ascenseur social" , "venir en aide aux élèves en difficulté" , voilà un vocable qui ne peut qu'avoir l'adhésion du plus
grand nombre ! Donc , félicitations aux "penseurs" de l'Education Nationale , félicitations à Xavier Darcos pour ses réformes .Tout le monde sait qu'à l'heure actuelle , les sociétés de cours
privés fleurissent sur le marché . Quant à penser que l'Education Nationale fait mal son travail , on n'en est pas très loin !
Que proposait exactement Xavier Darcos dans la réforme du lycée ? Réduire l'horaire d'enseignement actuel de façon à dégager du temps
pour le soutien scolaire . "Venir en aide aux élèves en difficulté " , l'intention est louable . Qu'en est-il dans la pratique ?
1-le soutien scolaire : à quel moment de la journée ?
Parmi les possibilités envisagées : le mercredi matin , le samedi matin lorsqu'il n'y a pas de cours ? ou dans la journée pendant la
pause de midi , ou le soir après les cours , ou le matin avant les cours ?
Après ou avant les cours ? les élèves concernés verraient leur journée allongée . Pendant la pause de midi ? Ne serait-ce pas priver
les élèves d'un temps de détente légitime ?
2-Les RASED (Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté), qu'est-ce que c'est ?
Ils ont pour mission de fournir des aides spécialisées à des élèves en difficulté dans les classes ordinaires des écoles primaires, à
la demande des enseignants de ces classes, dans ces classes ou hors de ces classes.
Ils comprennent des enseignants spécialisés chargés des aides à dominante pédagogique, les "maîtres E" (difficultés d'apprentissage), des enseignants spécialisés chargés des aides à dominante
rééducative, les "maîtres G" (difficultés d'adaptation à l'école), et des psychologues scolaires.
La disparition des RASED est programmée , contre l'avis des Inspecteurs de l'Education Nationale , des associations de parents
d'élèves et des syndicats d'enseignants. N'est-ce pas en contradiction avec cette volonté affichée de venir en aide aux élèves en difficultés ? N'y a t-il pas en arrière plan une volonté
d'économies financières ?
3-La pratique actuelle : du soutien est déjà mis en place dans le primaire et les collèges . Des élèves peuvent suivre des cours de
mise à niveau pendant les vacances . Que constate t-on ?........ce ne sont pas en général les élèves qui sont le plus en difficulté qui profitent de ce soutien . Cela permet certes , entre autre
,à des enseignants de profiter d'heures supplémentaires non imposables . Ces mêmes enseignants reconnaissent que le dispositif mis en place manque d'efficacité .
4-La tarte à la crème ? Confusions
Comment ne pas adhérer à cette idée de venir en aide au plus faible ? En premier lieu évitons les confusions : il ne faut pas
confondre "difficulté ponctuelle" (sur une notion) et "enfant en difficulté" .A la difficulté ponctuelle , il est facile de remédier par quelques explications supplémentaires à l'élève concerné .
Mais l'enfant en difficulté , lui , doit être pris en charge par des maîtres spécialisés (membres de RASED par exemple) , et plus tôt ce sera dans sa scolarité , plus ce sera efficace .
Depuis de nombreuses années , la politique à l'Education Nationale , ne consiste t-elle pas à mettre un emplâtre sur une jambe de bois
?Les élèves s'ennuient en classe, nous dit-on . Comment peut-il en être autrement quand on sait que beaucoup d'élèves passent dans la classe supérieure alors qu'ils n'ont pas acquis les
connaissances antérieures indispensables ?La fin de la fuite en avant : pour quand ?Quelles sont les véritables causes de l'échec scolaire ?
LeMinistredel'Educationvientd'annoncerle reportréformedela classede seconde,aprèsavoirproclaméurbi et orbi
qu'il n'était pas question dereculer,faceàla"pressiondelarue"etauxprotestationsdes"syndicats réactionnaires".Bienentendu,la"rue"entendpoursuivrelecombatjusqu'à l'abandondéfinitif,tandisqueles"réactionnaires"crientvictoire.
Nous avions pourtant clairement annoncé à Xavier DARCOS, depuis le début, que la signature des prétendus points de convergence n'impliquait nullement notre adhésion
aux principes faussement consensuels que l'on prétendait nous imposer ...
Nous lui avions pourtant fait savoir, depuis le début, que sa prétention à réformer une énième fois le
lycée ne pouvait s'inscrire, avec quelque chance de succès, que dons le cadre d'une refonte préalable du collège.
Comment imaginer que les 30 % d'élèves qui entrent en seconde dépourvus des connaissances nécessaires
pourraient s'orienter dans le maquis modulaire et semestriel, sans que le nouveau dispositif amplifie encore un peu plus un taux d'échec déjà insupportable ? ...
Nous avions pourtant tenu à le mettre en garde, après le fiasco du rapport Pochard, lequel faisait suite à
celui du rapport Thélot, que la nomination de Monsieur de Gaudemar, dont le talent ni les qualités ne sont ici à mettre en cause, ne pouvait, idéologiquement, qu'augurer du pire. Celles et ceux
que lasse - euphémisme - la continuelle volonté de dénaturer notre mission savent aujourd'hui reconnaître, dans chaque "comité Théodule", !a vieille marmite où cuit la soupe rance du "travailler
autrement".
Nous lui avions pourtant annoncé que les élèves, ceux-là même sur qui il entendait s'appuyer, ne
revendiquaient pas moins d'heures de cours et moins d'enseignement, mais plus de professeurs et plus d'enseignement.
Nous lui avions pourtant dit, à lui et à son entourage, que les professeurs ne supporteraient pas les
nouvelles menaces que certaines déclarations sous-tendaient. Ainsi de l'appel à un "aggiornamento", de l'injonction à "travailler plus pour gagner plus". Ainsi de la volonté de leur fournir un
"bureau" pour mieux les assigner dans les établissements, ou des annonces relatives au sacrifice de certaines disciplines, annoncesimmédiatement associées à la volonté de supprimer les postes ... Rumeurs ? Allons donc : certains de ces propos furent formulés par le ministre
lui-même et/ou ses principaux affidés.
Mais le gouvernement, et le Ministre, songent sans doute qu'il ne faut voir là que partie remise, qu'ils
pourront, dans quelques mois, quand tout sera calmé, nous resservir une potion encore plus amère. Je ne saurais trop leur conseiller d'y renoncer au plus vite : les professeurs ni les syndicats
ne s'opposent, par principe, aux réformes ... A la condition expresse que ces dernières n'aboutissent pas à dégrader la situation mais à l'améliorer !!! Dans cet esprit, je suggérerai, comme le
demande avec insistance le SNALC, de renoncer à dégrader la qualité du recrutement des professeurs en massacrant !es concours.
Serons-nous entendus cette fois ? Rien n'est moins sûr, car il n'est pire sourd ...
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